Vous êtes ici : News > Les goûts du vin

Peut-on parler de "goût bio" dans les vins ?

06.01.2012 Anne Serres | Région viticole : France

Retour à l'authentique, respect de l'environnement, ces valeurs poussent une consommation bio qui ne cesse de progresser. Le vin n'y échappe pas : en 2011, le marché des vins bio représentait 322 millions d'euros, soit une augmentation de 8% en un an (source : Rayon Boissons).

Pourquoi consomme-t-on bio ?
Pour beaucoup de consommateurs de vins bio, le respect de l’environnement et de la réduction de l'utilisation de produits chimiques dans les exploitations sont une promesse de respect du terroir. Consomme-t-on bio pour la planète ou aussi pour soi, pour le goût ? On parle de renaissance des sols en agriculture biologique et biodynamique, et les chercheurs s'interrogent sur le lien entre composition du sol et qualité des raisins... Mais on n'en n'est certainement pas à parler de "goût bio". Et c'est très bien comme ça.

Quel est l'incidence sur le goût ?
Autant on a craint les vins bio instables ou foxés des premiers temps, autant, aujourd'hui, l'adhésion à la viticulture biologique est synonyme de respect à apporter au sol et à la plante sans incidence sur les qualités du vin à la dégustation. "On ne distingue pas un vin bio à l'aveugle, ni par ses qualités, ni par ses défauts", explique une dégustatrice du concours Millésime Bio*, "il y a de bons vins bio et de mauvais vins bio, comme dans la viticulture conventionnelle. Le label bio n'est pas une garantie de goût, mais une garantie de processus d'élaboration".
La garantie est encore incomplète : faute d'un accord à l'échelle européenne, il n'y a pas de réglementation qui encadre la vinification des raisins issus de l'agriculture biologique, voila pourquoi on ne peut toujours pas parler de "vins bio" autrement que par raccourci, alors qu'il faudrait dire "vins de raisins issus de l'agriculture biologique"...

Rattrapages

Par souci de valorisation de leurs vins mais aussi par conviction, les vignerons s'y mettent. On part de loin :  selon l’Agence Bio, l’agriculture biologique représentait 3% de la surface agricole utile (SAU) française totale à la fin de 2010. On observe donc une phénomène de rattrapage important, avec des taux de progression significatifs : depuis 2009, la surface de vignes bio a augmenté de 28% (+11 268 ha, soit un total de 50 268 ha en 2010).

*Le salon professionnel Millésime Bio se déroule du 23 au 25 janvier à Montpellier, et promet d’être « la plus grande cave bio au monde », le salon organise également un concours de dégustation.

Ne manquez pas le dossier intitulé Bordeaux Version Bio dans le dernier numéro du magazine Terre de Vins.

Photo : remy.artblog.fr

Anne Serres Vitisphere
delicious diggit facebook google linkedin my space scoopeo technorati viadeo yahoo wikio twitter

Commentaires

  • dit :
    06.01.2012 OUI ! on peut malheureusement parler de "gout bio". J'ai dégusté une centaine de vins rouges à la première édition de "millésime bio" : 75% des vins sentaient les "phénols" ( odeur de cheval). C'est dommage, parce que la démarche "bio" vise à révéler la personnalité des cuvées.Et là le constat a été une uniformisation du gout des vins par la contamination en levures Brettanomycès. j'ai dégusté des vins frnçais, italiens et espagnols : ils avaient tous la même odeur. Je crois que c'est urgent pour les producteurs bio de maîtriser la microbiologie des fermentations. Les solutions "bio" existent et ce n'est pas le SO2 !!!
  • dit :
    07.01.2012 @ vinedia. 1) : la première édition de millésime bio date d'au moins 15 ans. En 15 ans le vin a coulé sous les ponts. La tendance actuelle est de 80% des vins ne sont PAS phénolés, en d'autre termes c'est exactement la même chose que pour les vins dits conventionnels. Quant à la problématique du SO2 elle reste certes effective, mais les dosages sont de mieux en mieux maitrisés, vers le bas, et les vins n'en sont que meilleurs. 2) : Les goût bio est une tendance lourde, loin de l'effet de mode. En effet les consommateurs sont à la recherche de leurs racines, c'est dire de plus d'authenticité. En matière de vins cela passe par la valorisation des terroirs. Or, qui, mieux que le bio peut valoriser les terroirs? Les méthodes de vinifications suivent les progrès effectués dans les vignes car les viticulteurs bio ont compris que la chaine de valeur de cette filière ne peut être cohérente QUE si le produit fini, le vin, est cohérent et complémentaire du travail fourni à la vigne. Pour ces raisons, le goût bio des vins est une valeurs d'avenir de la filière viticole, et celui-ci correspond au respect des terroirs, et non plus aux phénols, qui, je le rappelle, polluent 20% des vins conventionnels!!!
Vous souhaitez publier un commentaire?

Inscrivez-vous immédiatement en cliquant ici, c’est gratuit !
Déjà inscrit ? Identifiez-voussimplement en haut à droite de cette page pour publier votre commentaire !

La rédaction se réserve le droit d'éliminer tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou insultant.
 
 
Vendredi 06 Déc. 2019


 
 

Marketing : des icônes gays et une vie magnifique pour le rosé d'Anjou à l'export

« Le rosé d'Anjou conjugue sponsoring et campagnes de promotion pour séduire ses publics,[...] »
15.06.2009

Loire : du sancerre et du crottin de Chavignol pour produire de l'électricité

« Holding Verte, société pionnière spécialisée dans le biogaz s'intéresse[...] »
19.12.2011

Terredevins.com

« Le Groupe Sud Ouest et le site Vitisphere[...] »
23.06.2009

Prix national de l’Oenotourisme : candidature à déposer dès maintenant !

« Paul Dubrule, Président du Conseil Supérieur de l’Oenotourisme, a présenté[...] »
15.06.2009

Marketing : des icônes gays et une vie magnifique pour le rosé d'Anjou à l'export

« Le rosé d'Anjou conjugue sponsoring et campagnes de promotion pour séduire ses publics,[...] »
15.06.2009

Les vins de Bordeaux jouent Carte sur table à Paris

« Trop cher pour être appréciés ? Les vins de Bordeaux lancent pendant un mois l'opération[...] »
02.12.2011