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Vincent Mulliez : « Le vin de Château Belle-Vue a quelque chose de plus à dire »

29.10.2009 Anne Serres | Région viticole : France

Depuis 2004, le Château Belle-Vue et son vignoble de 10 hectares en appellation Haut-Médoc appartiennent à Vincent Mulliez, ancien directeur de la banque JP Morgan à Londres. Pour l’homme comme pour la propriété, c’est une renaissance.
Le Château Belle-Vue arrive en tête des meilleurs Bordeaux 2007 à moins de 20 €, lors de la dégustation du grand jury Terre de Vins. (en savoir plus)

Comment avez-vous rencontré le Château Belle-Vue et quelle était votre vision en vous lançant dans cette aventure ?
Quand j’ai acheté le Château Belle-Vue début 2004, j’étais à la recherche d’une belle histoire qu’on aurait seulement commencé d’écrire et j’ai trouvé exactement ce que je cherchais : un début de belle histoire, avec une promesse. Il y avait du travail pour explorer pleinement la possibilité de faire quelque chose de beau, de laisser une empreinte personnelle.
Parmi les atouts du Château Belle-Vue qui m’ont séduit, je citerais ce beau nom qui, même s’il est utilisé, reste prometteur et plein de fraîcheur ; la bouteille, aussi, que j’ai trouvée belle, avec son étiquette à la fois moderne et classique, singulière et élégante. Enfin – quand bien même il aurait fallu commencer par là – le terroir. Le terroir, c’est la promesse dont je vous parlais plus tôt. Un terroir de belles graves garonnaises. Nous sommes en appellation Haut-Medoc, aux portes de l’appellation Margaux et voisins du Château Giscours, Troisième Cru Classé en appellation Margaux. La frontière administrative entre les deux appellations cache de grandes convergences de terroir et le vin du Château Belle-Vue a toute la finesse des Margaux.

Le vin du Château Belle-Vue se distingue nettement de ses voisins à la dégustation, pouvez-vous nous en dire plus ?
Pour entrer de façon plus concrète dans l’histoire, j’ai été convaincu par l’encépagement du vignoble de Belle-Vue, original dans ses proportions, avec 50 % Cabernet Sauvignon, ce qui n’est pas inabituel. Avec également 30 % de Merlot, ce qui n’a rien de surprenant. Avec enfin 20 % de Petit verdot, et là, c’est original. Mais il ne suffit pas d’être original, encore faut-il que le produit soit bon. Or le terroir du Sud Médoc révèle particulièrement bien le caractère du Petit Verdot. Ce cépage tardif se plait en terroir précoce. Il peut atteindre ici une pleine maturité et apporte une couleur très sombre, une belle structure en bouche et des arômes singuliers d’épices, de réglisse et de cèdre. Ce bouquet aussi singulier que délicieux est la touche Belle-Vue sur le terroir du Haut-Médoc : ce vin a quelque chose de plus à dire.
Sans historique familial viticole, mais avec de tels fondamentaux, comme un chapitre premier convenablement structuré, nous tenions une intrigue et une belle histoire pouvait s’écrire.

Comment travaillez-vous au quotidien ?
Au quotidien, je fais essentiellement deux choses : je pilote la recherche du mieux possible à tout moment surtout dans le vignoble. C’est là que se fait 80 % du travail d’un grand vin. Mon autre mission est de faire connaître notre vin, le déguster, en parler, partager notre passion. Passion, c’est le mot joli, mais il y a aussi rigueur et exigence : le vin c’est du rêve à la fin. Pour le faire il faut de la détermination et l’absence de concessions.

Est-on ambitieux pour son vin comme on l’est pour son prix ?
Pour moi, le bon prix n’est pas celui qui flatte l’égo du propriétaire, mais celui qui rend l’expérience de dégustation la plus agréable pour l’amateur. Car Belle-Vue est un vin d’amateur. Nous cherchons à lui donner une belle expérience pour qu’il revienne et devienne un ami.
Notre politique de prix est simplement cohérente avec l’idée de bâtir une belle histoire sur des relations de confiance. Notre prix est raisonnablement en-dessous de 20 €. Au fil des campagnes, chacun souhaite augmenter ses prix. Nous le ferons très doucement, sur la durée, et certainement pas dans l’esprit de yoyo qui marque la progression des prix des grands crus. A titre d’exemple, nous avons augmenté nos prix sur le millésime 2005 par rapport au 2004, mais nous nous sommes limités à une progression à un chiffre. Nous ne sommes pas des opportunistes, pour construire notre belle histoire pour longtemps, nous adoptons une stratégie de prix qui nous permet de conquérir d’abord la confiance des amateurs. Nous les accueillons au domaine pour des visites, des dégustations et des achats à la propriété, c’est un moyen de rencontrer nos clients.

Retrouvez tous les détails de la dégustation du grand jury dans le magazine Terre de Vins, en kiosque le 31 octobre 2009 et ici sur le site (Dégustation).

Anne Serres Vitisphere
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Commentaires

  • dit :
    03.11.2009 Félicitations à cet autodidacte de talent. Le pari était osé. Etre rentier aurait été beaucoup trop simple!?
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